DOB BJ 2011

DEBAT D'ORIENTATION BUDGETAIRE POUR LE CONSEIL MUNICIPAL DU 7/02/2011

La fin de l’année 2010 aura vu les populations de plusieurs pays de l’Union Européenne rejeter les politiques d’austérité que veulent leur imposer les gouvernements de l'Union Européenne par des manifestations de grande ampleur.

 En 2011, tous les pays de la zone euro vont connaître la rigueur budgétaire alors que même les experts du Fonds monétaire constatent que les politiques d'austérité étouffent la croissance et assèchent les ressources nécessaires pour combler les déficits budgétaires.

En France, après les députés, les sénateurs de droite et du centre ont adopté le projet de budget qualifié d »historique » par le gouvernement en raison du tour de vis sans précédent « depuis cinquante ans » imposé aux dépenses publiques. C'est bien un plan d'austérité dans lequel s'inscrit le Projet de Loi de Finances pour 2011.

Rigueur budgétaire d'un côté et cadeaux fiscaux aux plus riches, pas de recettes nouvelles, cela signifie moins de services et répercussion des dépenses sur les couches moyennes et les plus modestes.

En effet, le discours de rigueur ne concerne pas les plus aisés et les entreprises du CAC 40. Entre 2000 et 2009 le budget général de l’état a perdu 100 milliards d’euros de recettes fiscales. Ce constat est fait par le rapporteur général au budget UMP Gilles Carrez dans son rapport. Pour les collectivités locales, la baisse des ressources va se poursuivre, elle aura été une réelle constante dans la politique à l'égard des collectivités du gouvernement depuis 2008 avec des transferts de charges non compensées, des désengagements importants de certaines compétences partagées comme le logement, avec le remplacement des ressources fiscales par des dotations, avec la suppression de la taxe professionnelle. S'ajoutent le gel en valeur des dotations pour les collectivités territoriales pour les trois années à venir, l'écrêtement du complément de garantie de la dotation forfaitaire qui pénalise les grandes villes, la diminution aux environs de 11.5% de la dotation de compensation de la taxe professionnelle, la diminution de 5% pour les compensations d'exonérations appliquées à la taxe foncière sur les propriétés bâties, le remplacement des fonds départementaux de péréquation de la taxe professionnelle par une dotation d'Etat. C'est une véritable cure d'austérité que l'Etat va imposer aux collectivités locales qui assurent près de 75% de l'investissement public et financent une part de plus en plus importante des dépenses de solidarité hors assurance maladie et assurance vieillesse Et si les grands groupes du Cac 40 affichent une santé financière insolente : plus de 84 milliards d'euros de résultats nets, un chiffre en hausse, excusez du peu, de 90% pour 2009 et disposent d'un matelas de quelques 146 milliards d'euros de trésorerie, la situation, de nos concitoyens, elle, ne cesse de se dégrader.

En novembre, l'Insee publiait le portrait social de la France. A peine la moitié de la population travaille à temps plein toute l'année, pour les autres c'est le temps partiel ou l'alternance CDD / chômage.

Huit millions gagnent moins de 950 euros par mois soit 0.7Smic. Un million de jeunes vivent en dessous du seuil de pauvreté selon le rapport du Secours Catholique, un véritable raz-de-marée de la misère selon Julien Lauprêtre, Président du Secours Populaire. C'est à l'heure où il y a besoin de plus de solidarité, de plus de services publics, de plus d'intervention publique que le gouvernement choisit d'étrangler financièrement les collectivités et s'engage dans sa réforme des territoires.

Cette réforme désastreuse réduira encore le principe de libre administration des collectivités locales, les privera de leur autonomie fiscale, elles n'auront plus de marges de manœuvre financière et auront de plus en plus de difficultés à soutenir nos concitoyens. Avec la fin de la clause générale des compétences des départements et des régions et l'interdiction des financements solidaires (croisés), c'est aussi en 2015 une considérable remise en cause de nombre de projets communaux d'intérêt général. La vie locale, l'aide au réseau associatif sont en sursis. L'objectif est de forcer les collectivités à confier davantage de services, actuellement très accessibles aux habitants, à des entreprises privées. Ce que le public ne fera pas, le privé le fera plus cher.

C'est dans ce conteste que nous allons être amenés à proposer un budget pour notre ville. Les orientations que veut nous imposer le gouvernement, nous devons les combattre a travers des choix que nous serons amenés à faire pour ce budget. Un budget qui préserve le service public, un budget qui renforce les services auprès de notre population qui en aura bien besoin avec la surpression de 300 postes à Photowatt et la délocalisation de la production en Pologne, un budget qui préserve les investissement afin d'améliorer et renforcer le cadre de vie de nos quartiers, qui confortent les compétences de notre ville en matière d'enseignement et d'éducation populaire, de culture, de sport, de logement, de développement économique. La possibilité que nous avons de pouvoir remplacer les départs en retraite pour maintenir les services à la population sont un atout important qu'il nous faut mettre en avant. Les choix que nous avons faits dans les investissements jusqu'à la fin du mandat sont des gages pour le développement de la ville. Les résultats sont là : notre population augmente et l'objectif d'atteindre 30 000 habitants n'est plus une utopie. Ces choix nous avons pu les faire parce que nous avons maintenu le taux d'endettement de la commune, que nous avons restaurer notre capacité d'autofinancement par une gestion rigoureuse des dépenses sans sacrifier nos priorités de mandat. Notre ville est attractive sur le plan du logement, des transports en commun (TER, bus à la carte) , des activités économiques, artisanales et commerciales,  des activités culturelles (théâtre, musée, art contemporain,), du dynamisme de nos associations et des clubs sportifs. Son rayonnement à travers ses engagements intercommunaux et métropolitains se renforce et déborde largement le cadre du Nord-Isère.

Engager la restructuration du quartier de Champfleuri, construire un nouveau groupe scolaire et rénover chaque année les anciens groupes, reconstruire le théâtre sont bien la marque d'une volonté politique de l'équipe municipale de combattre cette politique de démolition du gouvernement.

Alors,  abandonnons tout catastrophisme et pessimisme pour mobiliser nos concitoyens sur nos choix et nos priorités afin  que les prochaines échéances électorales traduisent des changements politiques importants pour que les collectivités territoriales et locales retrouvent des marges de manœuvre leur permettant d'assurer le rôle moteur dans le développement des territoires qu'elles auraient dû toujours tenir sans qu'un gouvernement ultra libéral les prive des moyens essentiels depuis plusieurs années.  

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×